Avec plus de 300 participants, venus de toutes les régions de France la Convention nationale de défense de la mutualité a été un grand succès.
Adhérents des trois Fédérations mutualistes (FNMF, FMF, FNIM) ou non fédérés nous nous sommes retrouvés pour débattre et organiser l'action visant à garantir et à améliorer le système solidaire de protection sociale de notre pays.
Dans un très grand état d'esprit démocratique et fraternel, les militants mutualistes, au-delà de leurs histoires respectives, ont su trouver les voies et les moyens d'une action commune pour la défense des véritables valeurs mutualistes. Une volonté s'est exprimée à la Mutualité, une action de regroupement est née qui ne pourra que s'amplifier désormais.
Le véritable clivage aujourd'hui n'est plus dans l'appartenance réelle ou supposée à des affiliations nationales. Il est bien de savoir si l'on veut sauver la Sécurité Sociale de 1945 et son complément naturel, la Mutualité ; ou si l'on veut détruire ce que nos aînés ont bâti pour transférer les attributions du Régime obligatoire vers les "complémentaires santé".
Nous devons refuser les critères de Maastricht et le fameux déficit maximum de 3 %. Comment ne pas voir que les différents projets de "contre-réforme" de la Sécurité Sociale ne visent tous, qu'à privatiser la protection sociale collective pour ne pas dépasser les 3 % de déficit public ?
Sans temps mort, trois heures et demi durant des interventions concordantes et complémentaires se sont succédées pour exprimer l'attachement de leurs auteurs à :
La sécurité sociale de 1945
Une grande offensive est engagée par les pouvoirs politiques et économiques pour tenter de justifier de la nécessaire réforme de l'assurance maladie ; pour combler un pseudo déficit . En réalité, on organise son déclin et sa privatisation.
L'UNGMS et la MGEC tiennent à rappeler publiquement que le déficit "seriné" par tous les médias est purement artificiel et fabriqué pour culpabiliser la population.
En 2002 notamment le non reversement à la sécurité sociale des taxes pourtant prélevées pour son financement, se monte, selon la Cour des comptes, à 13,7 milliards d'euros (taxe sur le tabac, l'alcool, les automobiles).
De 1998 à 2002 les exonérations de charges sociales patronales non compensées s'élèvent à 11,28 milliards d'euros.
L'argent existe pour financer une véritable protection de notre temps. Il faut répartir les richesses créées par le travail et exclure la gestion comptable de la santé. Il faut dire Non à la Marchandisation engagée par les gouvernements successifs. Il faut répondre aux besoins des populations par des soins de qualité. Il faut défendre la Sécurité Sociale sur ses principes de 45 et la développer.
La désorganisation des soins a été mise en place par les gouvernements de gauche et de droite, pour faire des économies ils ont organisé le manque de lieux de soins (fermeture des hôpitaux). La réduction et la disparition des formations médicales et paramédicales.
Aujourd'hui le bilan est lourd, les mutualistes énoncent toutes les difficultés rencontrées :
Ces atteintes au droit à la santé pour tous ont été relevées dans les débats.
Pour la MGEC et l'UNGMS il n'y a pas d'autre solution que de REPOUSSER et de COMBATTRE ces mesures intolérables.
En conséquence, les deux organisations appellent les mutualistes à organiser l'action pour une mobilisation la plus large et sous toutes les formes possibles pour faire échec aux prétentions du gouvernement, du MEDEF et de tous ceux qui les soutiennent dans leur tentative de privatisation de la protection sociale solidaire et collective.
La Convention Nationale de défense mutualiste s'est aussi préoccupée de la transposition des 4es directives européennes pour "le nouveau code de la Mutualité". Elle a rappelé notre condamnation de la décision du gouvernement JOSPIN (décret du 02 mai 2002) qui a aggravé de manière exorbitante les exigences de Bruxelles.
Le gouvernement RAFFARIN entend visiblement chausser les bottes de son prédécesseur puisqu'il aurait dû rendre public son choix en la matière avant le 20 septembre 2003, date de la transposition, aujourd'hui dépassée.
La MGEC et l'UNGMS annoncent publiquement qu'elles sollicitent à nouveau une audience auprès du Ministre de la Santé : Monsieur Jean François MATTEI afin de lui manifester l'opposition des participants sur l'ensemble des sujets abordés ainsi que la demande d'abrogation du "décret JOSPIN du 2 mai 2002" et donc pour le rétablissement du seuil à 5 millions en dessous duquel les mutuelles sont exonérées totalement des directives européennes, 107 mutuelles se sont exprimées publiquement en ce sens.
Afin de soutenir et de populariser cette initiative, l'UNGMS et la MGEC invitent tous les mutualistes à prendre à bras le corps le nouvel appel commun qui leur sera adressé prochainement.
Il faut combattre et surtout ne pas se résigner
Le Président de l’UNGMS B. PAILLOT Le Président de la MGEC C. EYSCHEN